Pourquoi j'ai créé SABORDS
Le brevet n'était que le début
Créer une invention est une chose. La faire connaître en est une autre.
Après plusieurs années de recherche et le dépôt de mon brevet d'invention, je pensais naturellement proposer mon concept aux grandes marques de sous-vêtements pour homme. Leur silence m'a finalement conduit à créer ma propre marque : SABORDS.
J’étais libéré du Secret Défense. J’étais libre d’exploiter mon invention ou de proposer une licence d’exploitation à des entreprises déjà solidement installées.
Le silence des grandes marques
Une de mes inventions précédentes avait été exploitée par la société Pylones pour un dispositif de rangement innovant pour les disques laser (l’histoire d’un objet de rangement).
Je pensais faire de même auprès des grandes marques de sous-vêtements pour homme, leur proposer l’exploitation du brevet sous forme de licences.
J’avais fait toute la R&D. J’avais un produit prêt à être fabriqué.
Je pensais naïvement que ces marques seraient intéressées, que je serais accueilli dans leurs bureaux de création avec enthousiasme, ou tout au moins avec curiosité.
Aucune réponse. Pas même une trace écrite. Le silence radio des grands acteurs du marché.
Je comprends alors qu'ils fabriquent pratiquement tous leurs sous-vêtements sur le même schéma et que mon concept est totalement disruptif par rapport à tout ce qui existe sur le marché du boxer et du slip pour homme. Je n'ai aucune chance de ce côté-là.

Une rencontre inattendue
Je tente alors de nouvelles démarches auprès de créateurs de mode réputés pour leur goût de l’innovation.
Je contacte l’assistant d’Agnès b. Je lui laisse un modèle. Quelques jours plus tard, son assistant me dira, avec beaucoup de sincérité, qu’elle avait beaucoup aimé mon invention et me félicitait, mais qu’elle ne se sentait pas prête à être la première à lancer un tel concept.
Le jour où tout a basculé
Je tente aussi de contacter un autre acteur de l’innovation : Jean-Paul Gaultier . À ce moment-là, il présentait sa toute dernière collection à Paris, accompagnée d'une rétrospective de sa carrière.
Au culot, je vais directement à ses bureaux.
J’attends, puis je finis par sonner. La porte s’ouvre et j’entre jusqu’à l’accueil. Rapidement, les vigiles et les personnes de l’accueil se rendent compte que je n’aurais jamais dû être autorisé à entrer dans les locaux sans rendez-vous, ni même à franchir la barrière du digicode vidéo. Ils ont dû me prendre pour un livreur.
Soudain, au même moment, Jean-Paul Gaultier surgit et descend un grand escalier. Il est entouré de sept ou huit personnes de son staff qui tourbillonnent autour de lui, le rendant totalement inaccessible. Tout va très vite, ce qui renforce encore l’attention que les vigiles me portent.
Arrivé à mon niveau, je tente ma chance. Je lui lance à la cantonade :
« J’ai trouvé une bonne idée pour les sous-vêtements homme ! »
Sans presque s’arrêter, et d’un geste vif de la main, il me répond avec enthousiasme :
« Gardez-la ! Gardez-la ! »
Il s’engouffre dans un taxi. Son équipe se disperse.
Je reste penaud. Les vigiles, faussement désolés, m’indiquent la sortie.
Certains auraient pu y voir de l’arrogance, de la condescendance. Quelques pas plus tard, j’ai pris ce « Gardez-la ! » comme le plus grand des encouragements.
Pour moi, son message voulait dire : garde ton idée, fais-la toi-même, réalise-la, fonce et n’attends après personne pour le faire.
Créer SABORDS
Il y a des moments dans la vie où un mot, une réflexion, peut vous faire basculer dans un autre schéma de pensée. Cela peut parfois vous décourager, parfois vous encourager et, quelquefois, vous mettre au défi.
Je portais mes modèles. J’étais bien dedans. Je ne pouvais pas garder ce nouveau sous-vêtement uniquement pour moi. Je devais partager cette invention avec mes contemporains.
Développer une marque pour diffuser ce concept allait devenir mon nouveau défi.
Une aventure qui se poursuit encore aujourd'hui.
