Pourquoi uriner en mer est dangereux
Introduction
Uriner en mer paraît anodin. Pourtant, à bord d'un voilier, ce geste peut devenir particulièrement dangereux. Les mouvements du bateau, le manque d'équilibre et le risque de chute à la mer transforment parfois quelques secondes en une situation critique. J'ai découvert cette réalité lors de ma première traversée de l'Atlantique.
Le premier enseignement d'un skipper
L'un des tout premiers conseils que me donne le skipper, alors que je découvre la navigation hauturière, me surprend.
Il me dit que de nombreux accidents surviennent au moment d'uriner par-dessus bord.
Selon lui, c'est même l'une des principales causes de chute à la mer.
Sur le moment, cette affirmation me paraît presque exagérée. Pourtant, au fil de la traversée, je comprends rapidement pourquoi.
Uriner dans les toilettes d'un voilier

À terre, ce geste est totalement anodin.
En mer, il devient parfois une véritable manœuvre.
Dans une cabine de toilettes, l'espace est extrêmement réduit. Les parois sont proches, ce qui permet parfois de se caler, mais cela n'empêche pas d'être projeté d'un bord à l'autre lorsque le bateau monte, descend et gîte sans cesse.
Lorsque la mer est formée, garder son équilibre devient déjà difficile.
Avec un boxer classique, il faut utiliser ses deux mains pour uriner. Or, ce sont précisément une de ces deux mains qui sert à se maintenir sur un bateau.
Ces situations, je les ai réellement vécues.
Elles feront partie des nombreuses expériences qui, des années plus tard, me conduiront à imaginer une autre façon de concevoir un sous-vêtement masculin. Elles participeront directement à la naissance de la marque de sous-vêtements pour homme SABORDS.
Uriner par-dessus bord

Par mer calme comme par mer agitée, le geste le plus banal peut devenir l'un des plus dangereux.
Pour garder l'équilibre, le marin enroule souvent une jambe et un bras autour d'un hauban.
La position paraît plus stable, mais elle reste précaire. Un roulis, une vague imprévue ou un faux mouvement… et l'on bascule. Une fois passé de l'autre côté du bastingage ou de la ligne de vie, la chute devient presque inévitable.
Les marins connaissent tous ce risque. Avoir un seau à portée de main reste encore la solution la plus sûre.
Beaucoup racontent que les accidents surviennent précisément lorsque la vigilance baisse quelques secondes ou lorsque les deux mains sont occupées.
Les situations les plus dramatiques arrivent souvent sous pilote automatique, lorsqu'un navigateur est seul sur le pont, sans harnais de sécurité.
Le bateau poursuit alors sa route tandis que l'homme disparaît derrière lui.

Tomber à la mer : une situation critique
Les accidents les plus graves surviennent souvent lorsque le bateau navigue sous pilote automatique et que le marin ne porte pas son harnais.
Il suffit d'une seconde d'inattention.
Le marin tombe.
Le bateau, lui, continue sa route.
Les statistiques montrent que seules 17 à 25 % des personnes tombées à la mer sont secourues.
Autrement dit, un homme à la mer n'a qu'environ une chance sur cinq d'être retrouvé.
Par mer formée ou très formée, les chances diminuent encore. Depuis le pont d'un voilier, une tête qui émerge disparaît derrière chaque vague. Même en connaissant précisément le point de chute, il devient extrêmement difficile de conserver un contact visuel.
Faire demi-tour demande une manœuvre spécifique, complexe et rarement exécutée avec succès dans des conditions difficiles.
En hiver, dans le golfe de Gascogne, la température de l'eau est généralement comprise entre 10 et 13 °C. Sans combinaison de survie, le froid épuise rapidement l'organisme. La perte de connaissance peut survenir en une à deux heures.
À cela s'ajoutent les blessures possibles au moment de la chute. Un choc contre la bôme, le balcon, un winch ou tout autre élément du bateau peut assommer instantanément le marin.
C'est pourquoi le port d'un gilet de sauvetage adapté est indispensable. Il maintient les voies respiratoires hors de l'eau et est conçu pour retourner automatiquement une personne inconsciente sur le dos, augmentant ainsi ses chances de survie jusqu'à l'arrivée des secours.
👉 Lire aussi : Comment sauver un homme à la mer par la Société Nationale de Sauvetage en Mer SNSM /comment-sauver-un-homme-à-la-mer/

J'ai abordé la navigation à voile comme je me suis ensuite confronté à la bonneterie et à la confection : sans expérience, mais avec beaucoup d'enthousiasme et de volonté.
Une invention est rarement le fruit d'une seule idée. Elle naît d'expériences accumulées au fil des années.
La marque SABORDS est né naturellement de tous ces souvenirs et de toutes ces expériences maritimes.
Le slip et le boxer SABORDS sont nés de situations bien réelles : certaines anodines et quotidiennes, d'autres exceptionnelles, vécues dans des conditions extrêmes.
L'une des plus marquantes fut le début de ma traversée de l'Atlantique à la voile.
👉 Lire le récit d'une tempête vécue lors de ma traversée de l'Atlantique à la voile.
