Derrière un sous-vêtement homme innovant se cachent parfois plusieurs années de travail. Avant d'obtenir un brevet et de lancer SABORDS, il a fallu imaginer, dessiner, coudre, tester puis recommencer. Voici le récit de ces trois années de prototypes qui ont donné naissance à un boxer homme anatomique entièrement nouveau.

La naissance du boxer SABORDS

Trois années de prototypes, d'échecs et de découvertes pour réinventer le boxer homme.

Lorsque j'ai découpé mon boxer à Noirmoutier, je pensais avoir trouvé une idée.
Je ne savais pas encore qu'il me faudrait près de trois années pour la transformer en un véritable sous-vêtement.

Enfant, j'ai souvent vu la machine à coudre de ma mère installée sur la table de la maison.
Elle confectionnait ses robes et mes vêtement d'enfant.
Il y avait toujours ces petits morceaux de tissu découpés qui traînaient autour de la machine. Enfant, je les trouvais fascinants. 

Les premiers essais à la main

prototype boxer sabords 3 bustes

Des décennies plus tard, je prenais à mon tour un fil et une aiguille pour tenter de coudre les premiers volets de recouvrement.
Je voulais comprendre.
Comprendre comment cette cape pouvait tenir.
Comment dessiner sa courbe, son volume.
Comment la fixer.
Comment empêcher qu'elle ne se relève toute seule.
À ce moment-là, je ne cherchais pas à faire un beau boxer, je cherchais simplement à créer une fonction.
Après plusieurs essais, parfois vraiment farfelus, j'avais quelque chose qui ressemblait vaguement à ce que j'avais imaginé.
L'ouverture était presque au bon endroit.
Le volet existait.
Enfin... plus ou moins.
La forme générale était là.
Il fallait maintenant qu'un atelier transforme cette intuition en véritable prototype.

Le premier atelier de confection près de Noirmoutier

Entre alors en scène Héritage Confection, à Belleville-sur-Vie, en Vendée. À cette époque, cette petite entreprise proposait un forfait comprenant le patronage et plusieurs prototypes.
Pour moi, c'était parfait.
C'est aussi là que le véritable travail de patronage a commencé.
Entre alors en scène le patronnier-gradeur (ou la patronnière-gradeuse), un métier à part entière. En collaboration avec les couturières, il transforme l'idée en un véritable patron industriel. Chaque pièce est dessinée avec précision, chaque couture est choisie en fonction de son rôle dans l'assemblage final.


J’ai fait mon petit effet. Les couturières ont, paraît-il, beaucoup ri en découvrant ce drôle de boxer qui ne ressemblait à aucun autre. Le tout premier prototype a été réalisé dans une ambiance pleine de curiosité et de bonne humeur.

quand les couturières découvrent le boxer sabords

Une mise au point longue et compliquée

Vous  corrigez un problème.
Deux autres apparaissent.
Vous modifiez une couture.
C'est la tension d'une autre qui change.
Vous déplacez un point de fixation.
C'est tout le tombé du tissu qui se transforme.
C'est comme si le prototype refusait d'être terminé.

À chaque modification, des semaines de test dans toutes les conditions
Entre deux prototypes, il fallait souvent attendre près de deux mois.
Deux mois pour découvrir qu'il fallait encore recommencer.

Une couturière trouve la bonne solution

C'est en expliquant, ce que je cherchais à obtenir avec cette cape de recouvrement qu'une couturière a trouvé une solution déterminante. Elle m'a proposé une autre manière d'assembler les pièces. Quelques points de piqûre différents.

Un simple détail de confection, invisible , mais qui résolvait un problème sur lequel je butais depuis longtemps.

La liquidation de l'atelier : tout s'arrête

fermeture usine heritage confection

Après de multiple allers-retours et bien plus de prototypes que je ne l'avais imaginé, j'ai enfin eu entre les mains les deux modèles, une version boxer et une version slip. 

Au moment où j'étais prêt à lancer une première petite série, tout s'arrête. J'apprends que l'entreprise est en liquidation judiciaire.
Elle ferme.
Je repartais à zéro.
"J'étais en slip".

Troyes, capitale française de la bonneterie

Un nouveau départ.

journal de bord sabords Troyes ville

En cherchant des ateliers fabriquant encore des sous-vêtements en France, je suis arrivé presque naturellement à Troyes, berceau historique de la bonneterie française.

Le logo SABORDS semblait naturellement trouver sa place dans cette ville. Sa forme de bouclier, de blason contemporain, faisait écho au patrimoine médiéval de Troyes.

Le sous-vêtement que j'essayais de créer avait quelque chose d'intemporel et d'un peu médiéval.

Je repartais alors pour une nouvelle longue série de prototypes.

Le projet entrait alors dans une autre dimension.

Je ne découvrais plus seulement un atelier, je découvrais une usine de confection EMO

Le prototype se développait désormais dans un véritable contexte industriel.

Je découvrais des machines capables de réaliser des coutures que je n'avais jamais vues, mais aussi de nouvelles contraintes : les délais de fabrication, les séries de production, le coût de chaque opération et toute la logique d'une fabrication industrielle.

J'ai abordé cette aventure sans aucune connaissance du monde de la confection : ni les patronages, ni les grammages des tissus, ni les différentes coutures, ni les contraintes de fabrication industrielle.

Trois ans de prototypes – La naissance de SABORDS

J'étais parti avec un fil, une aiguille et aucune connaissance de ce métier.

Trois ans plus tard, je tenais entre mes mains un sous-vêtement entièrement nouveau.

En parallèle, ayant une expérience passée dans ce domaine, je tente de déposer un brevet d'invention.

Cette histoire-là est racontée dans les deux prochains épisodes: Dépôt d'un brevet d'invention : le parcours d'obstacles suivi de Quand mon invention a été mise au secret par l'armée

logotype sabords