Derrière ce sous-vêtement homme innovant se cachent plusieurs années de recherche, de prototypes et de développement. Découvrez le Journal de bord SABORDS : l'histoire de la création d'un boxer homme anatomique breveté, conçu pour offrir une nouvelle approche du confort masculin.
Dépôt d'un brevet d'invention : le parcours d'obstacles
Inventer est une chose. Faire reconnaître officiellement une invention en est une autre.
Lorsque j'ai commencé à envisager de déposer un brevet pour le sous-vêtement SABORDS, une question s'est immédiatement imposée. Avant même de remplir le moindre formulaire, elle allait décider de la suite de l'aventure :
Quelqu'un avait-il déjà eu la même idée ?
À cette époque, les recherches d'antériorité se déroulaient dans un lieu assez inattendu: la chapelle Notre-Dame de l'Immaculée-Conception.
Juxtaposé aux bureaux de l'INPI se trouvait cette vaste salle de consultation, nous chuchotions avec les archivistes dans cette atmosphère monastique.
Avant que les bases de données de l'INPI ne soient accessibles en ligne en 2024, les recherches d'antériorité se faisaient sur microfilms, dans ce lieu chargé d'histoire.
Dans ce silence, tout juste rompu par les petits cliquetis des gros lecteur de microfilm, des millions de brevets venus du monde entier.

La crainte de découvrir un brevet identique
Pour qu'une invention puisse être brevetée, elle doit notamment présenter un caractère nouveau. Si une solution identique, ou trop proche, a déjà été rendue publique par un dépôt de brevet, elle ne peut plus être considérée comme une nouveauté.
Chaque nouveau document que j'ouvrais pouvait mettre un terme à ma démarche.
C'était une succession de petits moments de suspense, d'adrénaline et de soulagements. Comme escalader un mur ou chaque prise peut-être la dernière.
Avec le recul, je trouve l'image intéressante. Inventer est une ascension. On cherche une prise, on s'accroche du bout des doigts, on reste parfois bloqué face à une difficulté, on pivote pour trouver une nouvelle voie, parfois on tombe… puis on recommence. une succession d'étapes où chaque prise permet simplement de poursuivre son ascension.
Aujourd'hui, cette ancienne chapelle de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge, abritent désormais un mur d'escalade et une centaine de voies d'escalade possible.

Pourquoi tant de brevets de sous-vêtement homme ne verront jamais le jour

J'ai découvert des dizaines de brevets et de dessins techniques. Certains étaient vraiment curieux, souvent japonais. D'autres étaient presque incompréhensibles. Beaucoup semblaient n'être que des idées couchées sur le papier.
Déposer un brevet ne signifie pas qu'un produit sera, un jour, fabriqué ; c'est même assez rare pour les brevets déposés par des particuliers.
Au fil de mes recherches, j'ai eu le sentiment que la grande majorité des brevets concernant les sous-vêtements masculins restaient très éloignés d'un produit réellement industrialisable.
On y trouve souvent des concepts et des systèmes complexes, parfois incompréhensibles, des idées qui n'ont manifestement jamais dépassé le stade du dessin et ne seront jamais fabriquées ni portées. Ils procèdent du dessin vers un éventuel prototype.
Dans mon cas, la démarche a été exactement l'inverse.
J'ai fabriqué les prototypes, modifié des coupes, cousu, décousu, recommencé, jusqu'à obtenir un sous-vêtement qui fonctionnait réellement au quotidien.
Ce n'est que durant ce travail que j'ai réalisé qu'une partie de cette architecture présentait probablement un véritable caractère inventif.
À ce moment-là seulement, je me suis demandé :
« Et si cette invention pouvait être brevetée ? »
Un nouveau brevet... pour une couture, pour la gloire?
Les premières recherches à l'INPI étant rassurantes, j'ai décidé de déposer une demande de brevet d'invention.

Une idée comme cela qui concerne les hommes du monde entier, je me devais de tenter un brevet.
Ce n'est pas mon premier dépôt de brevet, des années auparavant j'ai inventé un dispositif pour ranger les disques lasers d'un seule geste... mais cela est une autre histoire (Velvet par Pylones).
Un brevet ne se résume pas à un simple formulaire.
Il faut rédiger avec précision les revendications qui définissent exactement ce que l'on souhaite protéger. Chaque mot compte.
Les dessins techniques suivent, eux aussi, des règles très précises. Ils ne servent pas à séduire le lecteur, mais à décrire l'invention de la manière la plus rigoureuse possible.
Pour limiter les coûts, je me suis tourné cette fois vers un rédacteur en brevets installé à la campagne plutôt qu'un cabinet parisien.
Lors de notre premier entretien téléphonique, il y a eu un long silence s'est installé.
Un silence qui en disait beaucoup.
Il venait de me confier :
« Je ne supporte aucun sous-vêtement. Je n'en porte jamais. »
À cet instant, j'ai su que ce ne pouvait être que lui qui rédigerait mon brevet et réaliserait les dessins.
Nous nous sommes alors lancés dans un travail d'échange et de corrections très précise.
Il existe une véritable dialectique propre aux brevets. Chaque mot est pesé. Une formulation trop large fragilise la protection ; une formulation trop précise peut la limiter.
Les dessins qu'il réalisa étaient d'une précision impressionnante. Ils ressemblaient davantage aux plans d'un avion qu'à ceux d'un sous-vêtement.
Après validation communes, la demande de brevet fut enfin déposée et je fût tenue au silence absolu, et ne rien dévoiler sans faire signer une lettre de confidentialité en deux exemplaires.
Je pensais avoir fait le plus difficile.
En réalité, le véritable examen ne faisait que commencer.
Le rapport de recherche : le véritable examen commence

Quelques mois plus tard, je reçus le rapport de recherche officiel.
Cette fois, ce n'est plus moi qui consulte rapidement une base de données.
Les examinateurs effectuent une recherche approfondie dans les brevets du monde entier.
Ils dressent ensuite la liste des documents qui présentent des similitudes avec votre invention.
À la lecture de ce rapport, la tension monte.
Chaque référence citée peut fragiliser une revendication et empêcher l'obtention du brevet.
Le principe d'une ouverture frontale n'était donc pas nouveau. En revanche, son architecture, associée au volet de recouvrement et à l'organisation anatomique de l'ensemble, constituait un véritable caractère inventif.
Avec le rédacteur, nous avons préparé une réponse détaillée expliquant précisément ce qui distinguait mon invention des documents cités par les examinateurs.
Une nouvelle étape venait d'être franchie.
Le caractère inventif du dispositif est retenu. Je ne suis plus très loin du but.
Et pourtant, une fois de plus, tout peut s'arrêter.
Je suis soumis au secret de la Défense nationale, dans l'attente d'une décision dont j'ignorais tout.

La suite de cette aventure dans le prochain épisode du Journal de bord SABORDS
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